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Echos du meeting des associations NS/WAS

février 1999

Cette rencontre annuelle a réuni des délegués d’Allemagne, Belgique, Danemark, Grande Bretagne, Hollande, Israël, Italie, Suède, Suisse, USA, et de France : Nicolas BRECHER, Christiane et Alain de CHALENDAR, Jeanne et Daniel SEE, Anne Le MEIGNEN était naturellement présente.

Comme d’habitude, les responsables de NS/WAS ont présenté les activités des différentes branches, leurs projets et budgets. De ce qui a été vécu, appris, débattu, ressenti au cours de ces journées, nous vous transmettons ce qui suit :

TERRAIN

La signature de l’accord entre le Monastère de Latrun et NS/WAS est proche. Elle va clarifier enfin une situation extrêment complexe : le terrain donné à bail en 1970 par le Monastère pour 49 ans, alors colline de cailloux sans valeur, s’estime en millions de $ dans l’Israël d’aujourd’hui où l’on construit de partout. Il relève du droit ecclésiastique. Les relations entre le Village et le Monastère ont connu le chaud et le froid au fil des ans. Il a été question que NS/WAS soit dans l’obligation d’acheter… et tout cela se passe en Orient !

Nous en sommes à l’épilogue. NS/WAS n’est plus douce utopie mais réalité crédible. Le Père Abbé actuel est acquis pleinement à sa cause, comme en témoignent ces quelques extraits de son allocution pour l’inauguration d’un symbolique “Parc de la Paix Latrun-NS/WAS”, boisé de trente oliviers plantés par les hommes et des femmes venus des cinq continents :

“Que de chemin parcouru depuis 30 ans ! Que de difficultés insurmontables et pourtant définitivement surmontées ! Cela parce que des hommes de foi ont persévéré, ont cru aux forces de l’Espérance et de l’Amour… Dans l’histoire de NS/WAS, ce sont elles qui ont gagné parce qu’elles ont tenu envers et contre tout. Nous sommes sûrs que la même loi régit les relations entre les peuples, et que ce qui a réussi au niveau du petit village de NS/WAS réussira aussi au niveau du pays et du monde. Ce n’est pas l’argent, ce ne sont pas les armes qui nous donneront la sécurité et la paix… Ce sont des hommes qui y croient, comme Frère Bruno et son équipe…”

Donc, aux termes de l’accord prochainement officialisé : le Monastère va récupérer la pleine propriété de la moitié du terrain (la partie située au bas de la colline, jusqu’ici non constructible, et qu’il s’engage à ne pas céder à des intérêts commerciaux).

NS/WAS va détenir en pleine propriété l’autre moitié sur laquelle est bâti le village, qui réserve encore des possibilités d’extension (cession gratuite, mais lourdement taxée par le fisc). Les habitants continueront à être locataires de leur parcelle, et à financer eux-mêmes la construction de leur maison.

CENTRE SPIRITUEL PLURALISTE BRUNO HUSSAR :

Nos délégués ont ramené de la future construction ainsi qu’une estimation prévisionnelle du budget. Le projet a pris la forme de deux petits bâtiments reliés par une galerie couverte contenant chacun une salle polyvalente et deux petits espaces de travail ; l’ensemble encadré par un jardin paysager, face à déclivité de la colline, à côté de la “bulle” Doumia. Cette configuration permet une réalisation en deux tranches, si des impératifs financiers l’exigent.

ECOLE POUR LA PAIX

Durant l’année scolaire 1997-98 les activités de stage de l”Ecole pour la Paix – notamment entre Juifs et palestiniens de Territoires Autonomes – se sont trouvées ralenties du fait des mesures de sécurité renforcées à l’égard des Palestiniens. Tandis qu’à l’intérieur d’Israël, c’est une grève nationale des enseignants israéliens qui a beaucoup affecté l’organisation des rencontres entre lycéens : six rencontres au lieu d’une vingtaine prévue.

L’Ecole pour la Paix a donc pour cette année réorienté son activité vers des publics d’étudiants et d’adultes, tout en poursuivant ses quatre cours en université et son programme “Femmes dans un monde qui change” qui a connu une affluence record avec 90 participantes. L’équipe a également terminé la rédaction d’un livre commencé il y a trois ans sur son expérience et qui sera publié cette année en Israel.

Malgré le recul du processus de Paix, les rencontres amorcées il y a deux ans entre journalistes, étudiants, ensiegnants, Israéliens et Palestiniens des territoires on pu être maintenues.

Mais ce même recul a fait apparaître la nécessité d’un nouveau champ d’activité : les rencontres entre Palestiniens des Territoires Autonomes et Palestiniens citoyens d’Israël. Un secteur un peu négligé jusqu’à présent car toutes les forces de l’Ecole étaient investies dans la résolution du conflit. Or cette installation dans un conflit stagnant pose le problème des relations entre Palestiniens de part et d’autre de la ligne verte : se sentent-il les mêmes Palestiniens ? Malgré leurs differences de situation, le besoin de garder et de développer une identité commune se fait sentir. Ces rencontres amorcées cette année ont attiré de nombreux participants parmi les Palestiniens d’Israël, tandis que, pour la première fois ce sont les Juifs qui étaient les plus nombreaux dans les rencontres mixtes (Juifs et Palestiniens).

Il est certes trop tôt pour analyser ce phénomène, sauf à voir qu’il est le reflet d’une situation instable : doit-on se situer dans la perspective d’une paix proche ou… lointaine ? En tout état de cause, et avec une vigilance accrue, le travail d’Ecole pour la Paix se poursuit dans la même direction : oeuvrer à maintenir ou à créer le dialogue entre toutes les parties confrontées différemment à une réalité commune.

PROJETS DE DEVELOPPEMENT :

L’expansion du Village – implantation de familles nouvelles, extension de l’Ecole, etc… - oblige ou conduit à envisager un certain nombre d’investissements, les uns urgents, les autres à moyen terme :

  1. Réfection du dispositif du traitement des eaux usées
  2. Bâtiments supplémentaires pour l’Ecole
  3. Nouveau local pour les Relations Publiques
  4. Extension de l’Hôtellerie
  5. Création d’un amphithéâtre de plein air et d’un auditorium permettant d’accueillir des groupes importants.

Ces investissements ne peuvent être financés que par des dons ; ils ne seront entrepris, comme les précédents, que dans la mesure où les fonds nécessaires auront été réunis.

IMPRESSIONS D’ENSEMBLE :

Le meeting a été très bien animé par les responsables palestiniens de NS/WAS. Dans les discussions avec les délégués étrangers, un décalage s’est fait sentir entre le souhait des Anglo-Saxons d’un contrôle financier sur NS/WAS et les réticences à cet égard des dirigeants du Village désireux de préserver leur liberté de décision et de gestion.

Toutes les Associations, par ailleurs, ont manifesté le désir d’un renforcement et d’un fonctionnement plus rapide des moyens de communication dont dispose NS/WAS, de sorte que leur parviennent des informations plus complètes et plus fréquentes sur les activités du Village.

Nos délégués ont été frappés par le dynamisme de la Communauté, et ont ressenti Bruno fortement présent à travers la référence à son inspiration, constante aussi bien chez les membres de NS/WAS que chez les Amis étrangers.

UNE JOURNEE A GAZA :

A la fin de notre brief séjour à NS/WAS nous a été offerte la possibilité de nous rendre à Gaza. Nous sommes intéressés et attentifs.

Les visites commencent par le camp des réfugiés bédouins. Après un rapide passage dans un petit dispensaire démuni de tout, nous entrons dans un bâtiment en construction nommé “mairie” où sont rassemblées une cinquantaine de personnes : de vieux chefs traditionnels, assis sur des tapis près d’une table basse, et des hommes en costume traditionnel alignés sur des chaises. Au milieu d’eux un orateur nous explique la situation déplorable du camp. Derrière lui, de grandes feuilles répètent les phrases essentielles du discours : “pas d’écoles, pas d’hospitaux, pas de soins, pas de travail… Aidez-nous…” Même type de rencontre dans l’immense camp de réfugiés de Jabalya.

Le car nous emmène ensuite vers quelques personnalitiés :

  1. Le Dr SHAFI, dans un hopital du Croissant Rouge, qui nous explique les conditions de vie difficiles de la population. Un jeune médicin nous a rejoints, formé en Algérie, francophone ; il travaille en pédiatrie dans un autre hopital, celui-là doté d’un équipement moderne, don semble-t-il de la CEE.
  2. Un vieux leader du HAMAS, qui reprend les thèmes connus, mais hélas toujours d’actualité, de la spoliation des Palestiniens, dans des termes toutefois moins violents que ceux que retransmettent souvent les médias.
  3. Mr. KANAFANI, membre du Conseil Législatif Palestinien, qui a participé aux accords de Wye Plantation. Pour lui “l’Autorité Palestinienne est contre la violence, pour la paix et la justice. Elle saura contenir le HAMAS et le Djihad dès lors que les accords de paix seront appliqués (par Israël) et qu’une terre lui sera rendue”. Jeune et dynamique, Mr. KANAFANI répond ensuite avec assurance à nos questions.

Au soir de cette journée, nous revenons frappés par la stature et le dynamisme de ses organisateurs, Rayek et Abdessalam, et –contraste saisissant – par la misére et la situation d’enfermement et de dépendance extrême, économique et morale, auxquelles sont réduits les gens de Gaza.


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