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Lettre d’Information N°2

avril 2002

Encore des constructions

Les dix familles qui devaient s’installer à NSWAS en 2001 ont achevé ou sont sur le point d’achever la construction de leurs maisons.

Le bâtiment de l’Ecole pour la Paix vient d’être doté d’une nouvelle aile comprenant trois salles de réunion, et la crèche d’une salle supplémentaire.

Une nouvelle « maison des volontaires » est en chantier. Cinq chambres seront utilisables par des volontaires venus aider le Village, ou par des chercheurs, ou des membres d’Associations d’Amis.

Une nouvelle installation de traitement des eaux usées, indispensable vu l’extension du

Village et les normes actuelles, est en construction sur un terrain proche ; l’eau assainie ira irriguer les oliviers du monastère de Latroun.

Visite d’Henri Millot à NSWAS

De retour le 1er mars d’un séjour en Israël, notre ami Henri Millot fait le point sur l’ambiance et les activités à NSWAS :

« En cette période il est bien difficile d’être optimiste ». Cette réflexion d’un habitant du Village est à l’image de l’ambiance générale en Israël. Le sentiment actuel est l’impuissance face au manque de perspectives, à l’absence d’une « petite lumière » d’espoir de solution de paix. Il règne une sorte de résignation à court terme malgré un début de mobilisation plus visible des mouvements pour la paix et la proposition de l’Arabie Saoudite qui retiennent l’attention.

Le Village subit ce climat général. Cependant il tient, et les symboles de l’ouverture, de la communication, du respect de l’autre que sont l’Ecole Primaire et l’Ecole pour la Paix continuent de bien fonctionner.

A l’Ecole Primaire, malgré l’Intifada, le développement de l’activité se poursuit.

Nous avons fait le point avec Daniella (directrice) sur les engagements de parrainage français. Leur nombre a beaucoup augmenté (41 fin 2001 contre 27 un an auparavant), et il y a eu beaucoup d’échanges chaleureux à l’occasion des fêtes de fin d’année. Cette action de soutien est toujours ressentie très positivement par l’ensemble de l’Ecole et des enfants.

Le Village propose maintenant des parrainages de niveaux de classe que l’on peut suivre sur plusieurs années, et dans cette période agitée il préfère cette solution plus collective. Le parrainage d’un enfant est cependant toujours possible, et maintenu pour ceux qui sont en cours. Merci à nos parrains de nous faire savoir s’ils souhaitent opter pour un parrainage de classe ou garder leur parrainage individuel.

La direction de l’Ecole va changer : l’équipe actuelle est en fin de mandat, et le Village a décidé, après de vifs débats, d’ouvrir (pour la première fois) le recrutement vers l’extérieur, afin d’assurer plus de liberté et moins de risques de pressions aux prochains directeurs. 80 candidats sont en lice, dont 2 membres du Village. La sélection a commencé : tests, entretiens, mises en situation, etc, et la décision devrait intervenir en avril.

La participation des autorités régionales aux frais de ramassage scolaire, qui paraissait de nouveau acquise, n’est toujours pas effective. Une relance des actions des Associations d’Amis auprès des autorités israéliennes, et de la nôtre auprès de l’Ambassade d’Israël en France, est envisagée si cette situation persiste.

Le projet d’ouvrir une Junior High School conduisant les élèves jusqu’au bac est toujours dans les esprits mais remis à des temps meilleurs.

L’activité demeure soutenue à l’Ecole pour la Paix. L’action vers l’extérieur se poursuit (formation de médiateurs, cours en universités,…) ; les ateliers pour juifs et arabes citoyens d’Israël sont de plus en plus organisés dans un cadre uninational, et les rencontres entre Israéliens et Palestiniens ont lieu en Turquie ou à Chypre.

Le permis de construire le Centre Spirituel Pluraliste Bruno Hussar étant délivré, les travaux peuvent commencer. Le financement n’est assuré cependant qu’à 50% - grâce pour l’essentiel aux donateurs français -. On envisage en première tranche la réalisation des infrastructures et la construction, aménagements compris, de l’un des deux petits bâtiments prévus dont les locaux pourraient être ainsi rapidement utilisables.

Pour sa signification symbolique et peut-être aussi à cause des tensions actuelles, les habitants du Village expriment une aspiration très forte à la réalisation de ce Centre.

La Communauté ressent le besoin de ce lieu de calme, de rencontre, de réflexion, de méditation, à la fois pour sa cohésion interne et pour l’accueil d’un public extérieur.

Le responsable de la Communication s’efforce de tenir à jour le site Internet. Beaucoup d’informations sont ainsi à portée de micro ! Dans le domaine virtuel il a mis à notre disposition un CD permettant de reproduire des photos du Village, des enfants et adolescents. Utile pour qui veut organiser une réunion ou illustrer un article. Contactez-nous…

L’hôtellerie

Elle souffre cruellement des événements et survit au ralenti, en s’efforçant d’être un pôle de paix et de rencontre. Quelques extraits d’un rapport de ses dirigeants (15.1.2002) :

« l’hôtellerie a toujours été pour NSWAS non pas une simple source de profit mais un important moyen de faire connaître la vie de la Communauté et son caractère unique. Alors que les institutions éducatives du Village offrent aux deux peuples des cadres de rencontres bien structurés, elle ménage des occasions de contacts fortuits à des gens qui n’en ont pas l’habitude ou l’envie. Ainsi :

Lors du Nouvel An Juif, un forfait de trois jours à prix intéressant, incluant excursions et rencontre avec un membre du Village, a attiré 40 familles. Inquiètes au début de se trouver dans un lieu juif/arabe, elles étaient enchantées à la fin, et ceci surtout grâce à la piscine où elles ont été émues de voir des enfants juifs et arabes jouer ensemble, puis leurs propres enfants se jeter à l’eau pour les rejoindre.

L’été précédent, une publicité dans des journaux arabes avait suscité la venue de nombreuses familles arabes. « Enfin, a dit l’un de ces clients, il est possible de passer des vacances en Israël dans un endroit où j’ai pu parler librement en arabe à mes enfants sans éveiller soupçon ou hostilité. Cela n’arrive jamais quand je vais à Eilat par exemple ».

UNE INTERVIEW DANS LE SUNDAY EXPRESS (16.12.2001)

Deux membres du Village responsables de l’Ecole pour la Paix répondent à la question :

Y a-t-il un espoir pour l’avenir ? Résumé :

Ahmad HIJAZI , palestinien, 34 ans, Sociologue .

« Comme dans la communauté internationale, on a tendance en Israël à oublier la souffrance quotidienne d’un peuple occupé. Nous nous focalisons sur le détail de chaque incident et oublions de considérer la situation dans son ensemble. Pour moi le sang des enfants palestiniens est le même que celui des enfants israéliens, irakiens ou afghans. Au Village nous essayons de faire comprendre que l’occupation des Territoires est négative et destructrice pour les deux peuples. Les gens s’habituent de plus en plus à la violence, aux tueries et à la dévalorisation de la vie humaine.

Moi, je rêverais d’un état unique pour les deux peuples, mais à court terme c’est irréalisable.

Il faut que la communauté internationale s’implique ; les deux parties sont incapables de trouver par elles-mêmes une issue au conflit. Je ne vois pas de solution imminente ; j’espère que ça ne prendra pas plus de 5 ans, que l’opinion publique israélienne se réveillera et imposera le changement ».

Michal ZAK, juive 45 ans, mère de trois enfants.

« Notre gouvernement nous mène à une impasse tragique. Le seul sentiment commun aux juifs et aux palestiniens est un immense pessimisme. Malgré le consensus apparent de l’opinion publique juive, je crois que tout le monde sait comment ça finira : il y aura un état palestinien, la paix reviendra, mais au prix de l’actuel déchaînement de violence et de l’abandon par Israël des territoires et des colonies, après des années et des années de négociations. J’espère que nous vivons maintenant le pire … Les juifs craignent pour leur survie, à mon avis ils ont surtout peur de perdre leur pouvoir. Un point positif ici est que le monde entier s’intéresse à ce conflit, il y en a tant d’autres qui sont ignorés. C’est notre chance. Gardons l’espoir …. »

ACTIVITES DES AMIS FRANÇAIS DE NSWAS

Ramassage scolaire

Comme toutes les Associations d’Amis d’Europe et des USA, nous avons écrit aux différents ministères israéliens concernés pour demander que le coût de transport des enfants soit repris en charge par l’Etat Hébreu. Nous avons eu un excellent contact avec l’Ambassadeur d’Israël en France, Monsieur Elie BARNAVI, qui nous a aidés en ce sens. Malheureusement, malgré certains espoirs, le Village attend toujours …

Venue à Paris d’Evi et Eyas

Pour répondre à une demande de la Direction de l’Enseignement Militaire Supérieur, nous avons fait venir à Paris Evi Guggenheim (juive) et son mari Eyas Shbeta (arabe), membres de la Communauté, actuellement basés en Suisse pour parler du Village et collecter des fonds. Le 24 janvier dernier, ils ont présenté NSWAS à un auditoire de plus de cent personnes. L’occasion est rare qu’une Ecole de Guerre demande à en savoir plus sur une Ecole de Paix !

Le lendemain, une autre rencontre, à l’initiative de paroissiens amis de NSWAS, a eu lieu à la Chapelle Saint-Bernard de Montparnasse avec un public vivement intéressé de 140 personnes, dont un bon nombre ont dit vouloir s’associer à nos activités.

Evi et Eyas ont donné une interview de 15mn à Radio-Communauté Juive, et une autre au Figaro, qui a fait paraître le 7 février un long article sur nos deux amis (nous le demander).

Evi et Eyas reviendront participer à notre Assemblée Générale qui se tiendra le 29 Mai 2002.

Articles

Nous avons fourni les éléments d’articles publiés dans les revues « Diasporique » de décembre 2001, « Croire aujourd’hui » et « Ecoutes et Regards » de Janvier 2002.

Nous avons répondu à de nombreuses autres sollicitations , et ainsi notamment :

- mis en relation avec NSWAS le Mémorial de Caen, qui souhaitait que le Village soit présent dans sa nouvelle aile consacrée à la Paix .Une borne d’information a été mise en place ; ouverture au public prévue pour avril 2002.

- ­ accueilli et conseillé plusieurs étudiants qui ont pris NSWAS pour sujet de travail. L’un d’eux est actuellement au Village pour 3 mois.

- ­ renseigné et adressé la documentation appropriée à 18 paroisses de la région de Grenoble qui ont axé leur campagne de carême sur NSWAS.

Nos amis de Mulhouse et Strasbourg ont beaucoup agi pour faire connaître le Village : conférences, articles dans les journaux locaux, envoi de centaines de lettres avec documentation à des personnes susceptibles d’être intéressées. Les résultats sont excellents : beaucoup de nouveaux « amis » , beaucoup de questions, beaucoup de dons !

D’autres initiatives analogues démarrent dans l’Ariège, à Lyon, à Clermont-Ferrand, et nous espérons que d’autres encore suivront.

Collecte de fin d’année

Vous avez été très nombreux à répondre à l’ « appel exceptionnel » lancé dans notre lettre de novembre dernier. En décembre et janvier nous avons reçu près de 400 dons totalisant 42.000€ (278.000 F) soit 40% de plus que l’objectif proposé (30.500 € = 200.000 F ).

Nous avons pu ainsi transférer à NSWAS 48.000 € (315.000 F) au début de 2002.

Sur toute l’année 2001, nous avions transféré 55.600 € (365.000 F) contre 34.300 € (225.000 F) en 2000.

Nous remercions vivement tous les donateurs, et tous ceux qui agissent en faveur du Village.

Mais soyons-en tous conscients maintenant : le tarissement des financements publics de l’Ecole, la croissance prévue des effectifs de celle-ci, l’extension du Village qui requiert de nouvelles infrastructures, tout ceci nécessite la poursuite d’un effort financier durable et soutenu de la part de l’ensemble des Amis de NSWAS.


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